L'héritage de W.

Publié le par Nicolas Saint Bris


 Dans moins d'un mois maintenant sera élu le président de la première puissance mondiale. Bien que les candidats pour l'investiture de la maison blanche aient des programmes et des visions différentes, les problèmes auxquels ils seront confrontés sont bien évidemment les mêmes, notamment en ce qui concerne la situation internationale. Le cow-boy se demande alors, comment ramener le troupeau avec un cheval fatigué et un fouet qui ne claque plus guère ? En effet,  le futur président aura à composer avec un recul de la prépondérance américaine  sur la scène internationale, tout en s'efforçant de mettre fin au marasme économique qui mine le pays. Tâche pour le moins difficile lorsqu'on s'aperçoit de la réalité des enjeux, notamment après les deux mandats de Georges W. Bush dont l'héritage n'est pas loin d'être empoisonné.

Ainsi nous verrons que c'est avec des moyens limités que le futur occupant du bureau ovale devra faire face à un monde de plus en plus instable.



Des Moyens limités


Alors que la toute puissance économique du pays de l'oncle Sam tend à s'effriter, sa puissance et sa crédibilité internationale se sont érodées ces dernières années.


1)   Une situation économique difficile      

a)    Faiblesses internes

i)     Le déficit public

Les Américains vivent au dessus de leurs moyens, c'est un fait. Une des conséquences majeures en est le déficit public abyssal qui culmine actuellement à plus de 70% du PIB. Cette dette fait le bonheur de tous les bailleurs de fond de la planète, au premier rang desquels  se trouvent les chinois, dont la banque centrale détient 1800 milliards de dollars de réserves de change,  mais aussi le Japon, l'autre acheteur traditionnel de la dette publique américaine et enfin, les fonds souverains du Moyen Orient qui par là même, détiennent une partie de l'économie américaine entre leurs mains.

ii)    La crise financière et le prix du plan de sauvetage

La tempête financière des ces dernières semaines n'est pas pour améliorer la situation, avec un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars et malgré l'augmentation à venir des impôts, l'emprunt sera a nouveau sollicité.

Alors que les mots de récession et de rigueur sont de plus en plus évoqués, le citoyen américain en perte de confiance sera la première victime de la crise.

iii)  Consommation et endettement des ménages

Car si la consommation a été pendant longtemps le moteur de la croissance outre-Atlantique, celle ci est en passe de ralentir fortement compte tenu du prix actuel du crédit, de la hausse du prix des matières premières et des énergies, ainsi que du poids que représente l'endettement contracté en période d'optimisme inconsidéré.

b)   Concurrence internationale          

i)     La fin de la toute puissance du dollar

Bien que la monnaie américaine reste de manière générale l'étalon international, sa toute puissance est menacée. En effet, au fur et à mesure que l'euro devient une monnaie de référence et que les pays émergents renforcent leurs économies, la place du billet vert dans le système global recule. Certains prévoient même que d'ici 20 ans, l'euro, monnaie éminemment moins politique, aura supplanté le dollar comme valeur de référence.

ii)    Montée en puissance de nouveaux acteurs

L'économie mondiale est en passe de redistribuer les cartes de son contrôle. Le poids de l'Asie, en valeur et en qualité de production, est en phase d'expansion d'autant plus que l'ASEAN souhaite renforcer son intégration d'ici 2015.

Il faut aussi mentionner l'émergence du Brésil, de la Russie, ainsi que de nombreux acteurs régionaux à l'influence croissante et à la puissance commerciale grandissante, alors que le déficit commercial américain se creuse dangereusement.

iii)  Dépendances énergétiques et flambée des prix matières premières

Ces nouveaux acteurs voient notamment leur croissance issue des ressources en matières premières, énergétiques ou agricoles dont ils disposent. La possession de ces dernières est, on l'a vue récemment avec la Russie, un vecteur de puissance et un moyen de pression remarquable. Alors que les prix de ces produits augmentent en flèche, les États-Unis se trouvent dans l'obligation de négocier des partenariats vitaux tout en évitant par tous les moyens d'en subir les dépendances.

2)   Une puissance érodée

a)    Le poids du discrédit

i)     L'échec irakien

Si des améliorations notoires ont été constatées sous le commandement du général Petraeus, notamment en matière de contre insurrection et de guerre asymétrique au milieu des populations, le bilan de la guerre en Irak reste globalement négatif. Plus de 4000 boys y ont laissé leurs vies alors que la démocratie et la sécurité peinent toujours à s'installer dans un pays en proie  au terrorisme et aux divisions communautaires et religieuses. Si l'armée américaine surclasse toujours n'importe quelle autre armée, elle apparaît désormais comme insuffisante et mal préparée pour assurer la reconstruction d'un pays, et par là même incapable de viabiliser une invasion.

ii)    Les difficultés afghanes

Bien que le conflit en Afghanistan soit apparu comme plus justifié aux yeux de la communauté internationale, « la bataille des cœurs » qui doit permettre de rallier la population afghane est encore loin d'être gagnée. Après une période où la victoire semblait acquise, les talibans ont repris l'offensive face à une coalition de plus en plus divisée et affaiblie par des opinions publiques réticentes à l'idée de la possibilité de pertes humaines dans un conflit parfois jugé insoluble. Le gouvernement d'Hamid Karzaï qui prône l'afghanisation du conflit, ne peut à lui seul empêcher la division du pays sous les influences tribales, ni assurer la sécurité mise à mal par des talibans sur le retour.

iii)  Un président mal aimé ?

La perte de crédit qu'entraînent les difficultés sur les principaux théâtres d'opérations extérieures, ne fait qu'être renforcée par la (très) mauvaise opinion que le monde s'est fait de Georges W Bush. Considéré par les uns comme un va-t-en guerre irréfléchi, dénoncé par les autres comme un idiot sous influence, au plus bas dans les sondages, il ne semble pas être le meilleur allié des États-Unis. En effet, celui qui a refusé de ratifier le protocole de Kyoto a contribué par son discours simpliste et mystique, par son refus du dialogue et par son penchant pour l'unilatéralisme, à renforcer l'image des États-unis comme « Grand Satan » impérialiste, ennemi numéro un des fondamentalistes musulmans en plein essor et de certains gouvernements d'Amérique du Sud.

b)   Une perte d'influence

i)     Un relatif isolement

Alors que le continent américain a été longtemps considéré comme le domaine privilégié des USA qui y faisaient la pluie et le beau temps, la situation est en train de changer radicalement. La naissance, sous l'impulsion du charismatique président vénézuélien, d'un front anti américain au sud du continent, témoigne de la montée en puissance d'opposants dont les ressources en matières premières assurent l'indépendance.  Si on ajoute à cela une Europe souvent désunie qui ne peut s'aligner en bloc et rechigne entre autre, à accepter l'idée d'un bouclier anti-missile, un Pakistan en proie à un dangereux risque de balkanisation, et des pays du Golf au double jeu sous jacent, Washington n'a plus la position diplomatique qui assurait il y a dix ans encore sa sécurité.

ii)    Un soft power affaibli

D'un point de vue plus affectif, l'image des États-unis c'est aussi quelque peu dégradée durant la dernière décennie. De nouveaux Eldorados sont apparus, et la démocratie ne semble plus être le seul terreau propice à faire germer la croissance. Comme le dit le ministre mentor de Singapour, l'exemple chinois nous démontre que la prospérité vient avant tout de l'ordre et de la sécurité. Ce d'autant plus que la démocratie américaine comme produit idéologique déstiné à l'export à quelque peu souffert de la perte de crédit entrainée ses dérives tortionnairs notamment à Guantanamo. Toutefois, malgré l'indéniable attractivité économique des puissances émergentes, nous sommes encore loin de voir apparaître le « Rêve Chinois » ou le « Rêve Russe ». Ronald Mac Donald et Elvis ont encore de beaux jours devant eux...

iii)  Un modèle dépassé ?

Cette baisse générale de sympathie provient aussi de l'image de la société américaine elle même.  La terre de la liberté et de la démocratie, celle des pionniers et des self made man, est aujourd'hui celle d'un peuple endetté, vue comme inculte et téléphage, celle d'un peuple gavé de consommation dont 60% de la population est en surpoids ; une Amérique polluante et abrutissante, dont les mœurs décadentes choquent les plus barbus et les autres. Elle est la représentation dans l'imaginaire collectif d'un Occident irresponsable et condescendant, qui alimente par là même la naissance et la radicalisation de contre modèles.


Un monde Instable           



L'arrivée de nouveaux acteurs sur la scène internationale dans un contexte de globalisation économique et de courses aux matières premières, contribue à déstabiliser la position jadis hégémonique des États-unis.


1)   Une multiplication des zones de conflits

a)    La poudrière Moyen-Orientale

i)     Le conflit Israélo-palestinien

S'il n'est pas nouveau, ce conflit n'en est pas moins toujours problématique. C'est le Nœud Gordien qui alimente les tensions périphériques et fragilise de ce fait la stabilité de la région, tout en cristallisant l'esprit de lutte qui anime les groupes djhiadistes à travers le monde. Alors qu'un désengagement a marqué l'après Clinton, le prochain président des États-unis devra s'investir dans le règlement d'un conflit dont la portée est plus que conséquente.

ii)    La montée de l'islamisme radical

La croissance endémique du fondamentalisme islamiste ne semble pas près de s'arrêter, que se soit en Afghanistan, en Irak, en Iran, en Somalie, en Égypte ou en Malaisie, l'Islam radical séduit ou s'impose partout. Il présente un modèle de société basée sur la Charia, dont l'opposition à  l'impérialisme global de Washington  renforce la raison d'être. Le principal risque de ce phénomène tient en ce qu'il alimente et entretient les organisations terroristes contre lesquelles l'Amérique et ses alliés ont déclaré une guerre sans merci.

iii)  Le terrorisme

Se voulant fort d'une image de résistant, les mouvements terroristes usent de la globalisation qu'ils condamnent pour mettre en place leur entreprise de déstabilisation. Aidés par les réseaux de l'information, les groupes terroristes, plus ou moins affiliés à Al-Qaeda, mettent au point des actions contre les intérêts occidentaux mais aussi contre les populations, premières victimes de ces « fous de Dieu ». Malgré le développement de doctrines stratégiques adaptées, la guérilla et la terreur restent la menace principale qui pèse sur la stabilisation du Moyen-Orient.

b)   Autour du monde

i)     L'Axe du mal et l'avant poste de la tyrannie.

L'Axe du mal, expression au combien manichéenne remise au goût du jour par les néo conservateurs, donne à des régimes géographiquement éloignés (l'Iran, l'Irak de Saddam et la Corée du Nord), la chance de se voir imposer une alliance qu'ils n'avaient pas initialement souhaitée...

L'avant poste de la tyrannie, évoquée dans un discours du 18 janvier 2005 par Condolezza Rice, ajoute à la liste sus énoncée, les états dont le régime est en contradiction totale avec les Droits de l'Homme, que sont  le Myanmar, le Belarus, Cuba et le Zimbabwe. Si ces états ne représentent pas une menace directe pour Washington, ils stigmatisent les régimes à abattre et personnifient en quelque sorte la vision que l'Amérique se fait du mal, sur la scène internationale.

ii)    La prolifération Nucléaire

La menace que font planer ces états voyous est d'autant plus grande lorsqu'ils comptent se doter de l'arme nucléaire ou qu'ils la possèdent déjà. L'Iran représente ici le risque principal, comparé à une Corée du Nord isolée dont la survie du régime est plus ou moins la seule ambition politique.

Alors que l'Irak est en cendre, l'Iran est devenue la puissance régionale dominante et agite un discours hostile à Israël et à l'Occident, ne cachant pas ses intentions bellicistes. Bluff ou menace réelle et urgente ? Le prochain président devra choisir entre le dialogue et la force, pour calmer cet état qui semble vouloir jouer dans la cour des grands.

iii)  Les irrédentismes et indépendantismes

Le conflit Géorgien en témoigne, les confits liés aux frontières et aux identités sont encore nombreux sur la planète. Bien que les États-unis ne soient pas directement concernés, les enjeux que représentent ces zones de tensions sont à prendre en compte, car elles impliquent bien souvent les autres grandes puissances et leurs zones d'influence. La diplomatie américaine devra en la matière, faire preuve d'efficacité pour calmer les plus grands, tout en maintenant l'esprit et les valeurs de libertés prônés par les organisations dont elle fait partie.

iv)  L'ONU et les défis humanitaires et écologiques

Dans le climat d'optimisme général d'une histoire qui avait pris fin dans les années 90, on a cru que l'ONU allait, pour le bien de tous, pouvoir prendre enfin en main la marche du monde et ce, sous la contrôle d'une Amérique victorieuse et toute puissante. Alors que la détresse humanitaire se fait croissante, notamment au Darfour, la « communauté internationale » se révèle bien impuissante à appliquer des solutions efficaces. En intervenant en Irak contre l'avis du conseil de sécurité de l'ONU, Washington a elle même contribué à sa perte de crédit et d'influence, tout en foulant du pied les principes du multilatéralisme. Alors que l'urgence climatique se fait sentir et que la résurgence de grandes famines menace, le futur président des États-unis aura pour mission d'engager une collaboration mondiale, pour mettre en place autant que faire se peut, un « plan de sauvetage de la planète » afin d'empêcher la multiplication des conflits et des risques majeurs liés aux catastrophes écologiques.


2)   La fin d'un monde Unipolaire

a)    Le Réveil des puissances endormies

i)     La Chine millénaire

(1) Bientôt la première économie du monde

Actuellement la troisième puissance économique du monde, l'Empire du Milieu, est en passe de dépasser le Japon pour surclasser d'ici 2020 les États-unis. Fort d'un état centralisé et stable du plus grand marché de la planète, d'une main d'œuvre et d'une demande quasi inépuisable, la Chine peut s'enorgueillir d'un optimisme justifié. Hormis l'hypothèse d'un ralentissement de l'économie ou d'une surchauffe de celle ci, son accession à la suprématie économique semble inévitable, d'autant plus qu'elle est la principale créancière de l'économie américaine.

(2) Une Influence grandissante

S'ajoute à cette puissance économique la mise en place d'une politique étrangère à la hauteur du potentiel chinois. Se posant comme la principale puissance régionale, la Chine s'impose à ces voisins comme un géant, dont la diaspora contribue à assurer une allégeance entretenue par des liens économiques toujours plus poussés. Si on a pu parler à une époque de diplomatie du dollar, on peut ici évoquer une diplomatie du yuan. Notons aussi son implication grandissante sur le continent africain où, sans ce soucier de politique ni de morale, Pékin multiplie les investissements et les aides sans se préoccuper du régime en place, ce qui traduit par là même  une politique internationale froide et réaliste.

(3) Une armée en mutation

Cette montée en puissance s'accompagne d'une réorganisation de l'armée populaire, forte de 2,3 millions d'hommes. Bien que celle-ci soit la première du monde par le nombre, son équipement et les technologies dont elle dispose sont encore bien inférieurs en qualité aux équipements occidentaux. Toutefois, avec un budget officiel de 45 milliards de dollars par an, (les experts parlent d'un budget officieux de 100 milliards) et en hausse de 17,8%, l'armée chinoise et l'industrie d'armement qui la supporte, ont pour projet d'acquérir une indépendance stratégique et technologique totale d'ici 2020, alors qu'Israël est actuellement sont premier fournisseur.

ii)    La Russie éternelle

(1) Face à l'OTAN

Les évènements de cet été l'ont prouvé, la Russie est de retour sur la scène internationale. Forte d'une armée puissante dont le budget est en forte croissance, et riche d'un gaz dont une grande partie de l'Europe est dépendante, Moscou a plus d'un atout pour faire valoir son retour à la table des grands. Face à l'OTAN, elle privilégie une politique individuelle et musclée, tentant de faire barrage au bouclier anti-missile et d'éviter tout encerclement. Elle vient d'ailleurs de se lier avec le Venezuela de Chavez pour mettre en place des exercices militaires conjoints. Ses prises de positions répétées au Conseil de Sécurité à l'égard de l'Iran ou de la Birmanie, rappellent que malgré un rapprochement, les postures et intérêts de la Russie sont encore sur de nombreux points en contradictions avec ceux de l'Oncle Sam.

(2) Les joies du réchauffement climatique 

Alors que les glaces de l'Arctique fondent comme neige au soleil, l'exploitation des ressources du grand Nord et les nouvelles routes maritimes dont on augure l'ouverture, ne sont pas sans exciter l'appétit des puissances concernées. En effet, la route permettant de relier l'Europe à l'Asie sera raccourcie de quelques 7000 km. Autant dire que le trafic maritime va plus qu'augmenter au large de la Russie, qui assurera par là même son contrôle. Concernant les gisements d'énergie fossile, il semblerait, selon les estimations actuelles, que sous les glaces se trouvent 90 milliards de barils, de quoi satisfaire la demande actuelle d'hydrocarbure pendant 3 ans. On comprend pourquoi Moscou prépare ses troupes à des opérations sur fond blanc...

(3) Luttes énergétiques

Les espoirs qu'animent actuellement l'évolution de la zone Arctique, traduisent bien les enjeux, qui à moyens termes, animeront les puissances du globe, à savoir la course aux énergies. A ce jeu, la Russie dispose d'atouts considérables qui influeront sur sa politique étrangère. Le gaz russe devient alors une arme mais aussi un talon d'Achille. Moscou se devra alors de sécuriser ses vecteurs de distribution en maintenant une certaine influence sur le pays, dont le territoire accueille ces derniers.

b)   L'arrivée de nouvelles puissances

i)     Les futures puissances majeures

(1) L'Inde

Seconde puissance démographique mondiale, l'Inde voit son économie portée par une croissance forte. Réputée pour son savoir faire et ses qualités techniques, la main d'œuvre indienne équipe la planète. Bien que ne disposant pas de forces de projection - son armée est nombreuse et puissante, en témoignent les performances du SU 30 MKI de fabrication maison -, notons que l'Inde dispose aussi de l'arme nucléaire.

Quoi qu'il en soit, sa politique extérieure reste en grande partie orientée vers des tensions frontalières, notamment avec le non moins atomique Pakistan voisin.

(2) Le Brésil

Le pays de l'ordre et du progrès est lui aussi riche en matières premières, il est doté d'une puissante agriculture commerciale et d'une industrie diversifiée qui sont les bases d'une économie à forte croissance. Depuis avril 2008 et la découverte d'immenses gisements dans le bassins se Santos, le Brésil est devenu à son tour une puissance pétrolière. Fort d'une population de 190 millions d'habitants, la première d'Amérique Latine, le Brésil a récemment passé un contrat d'armement colossal avec la France, visant à acheter des équipements militaires derniers cris et d'en assurer le transfert de technologie, notamment concernant cinq sous marins d'attaques, dont un à propulsion nucléaire. Il s'agit alors pour Washington de savoir comment appréhender et aborder l'émergence d'une puissance de premier ordre dans son pré carré.

ii)    Les puissances régionales

(1) L'Iran

Grand producteur de Pétrole (4e mondial), l'Iran apparaît aujourd'hui comme l'ennemi à abattre aux yeux des Etats-Unis, avec lesquels il n'entretient plus de relations diplomatiques. Visant à circonscrire l'influence occidentale et notamment de Washington dans la région, l'Iran s'oppose aussi, et de manière très virulente, à Israël qu'elle a appelé à « rayer de la carte ». Diplomatiquement et économiquement proche de Moscou, la République Islamique cultive par ailleurs ses liens avec les autres pays en développements.

Alors que Téhéran ne compte pas mettre fin à son programme nucléaire, les avis divergent quant à la position à adopter. Si l'hypothèse d'une invasion semble d'hors et déjà écartée, compte tenue de l'effort fourni par les américains sur deux fronts brûlants, l'option de bombardements chirurgicaux visant à anéantir le potentiel nucléaire est toujours évoqué. Les candidats à la présidence arborent des postures différentes face à ce problème, alors que Mc Cain paraît plus prompt à agiter le spectre d'une intervention militaire, Obama se refuse à tout alarmisme en rappelant que l'URSS représentait en son temps une menace bien plus grande que celle que représente actuellement Téhéran. Il reste à savoir si les États-unis tenteront de renouer un dialogue ou s'ils continueront « la diplomatie de cow-boy » avec les conséquences que nous lui connaissons.



 

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Publié dans États-Unis

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L
Cher ami,<br /> <br /> Bien qu’étant d’ordinaire d’accord avec vous, mis à part à propos de la taille de votre arrosoir, nous nous devons de soulever quelques points de désaccords qui nous turlupinent, alors même que par ailleurs votre article,- que dit-on!- votre démonstration, est des plus brillantes. Même si nos critiques peuvent paraître bien longues, cela ne concerne que peu de choses, mais notre incapacité à rester (cir-)concis est en passe de devenir légendaire.<br /> Nous aimerions que vous preniez le temps de lire nos tracas, même si nous avons conscience que votre temps est précieux. Et, ultime requête de notre part ; nous espérerions vivement qu’à la suite de votre lecture, vous poursuiviez le débat en nousz répondant, si l’envie vous en prend bien entendu.<br /> En réitérant nos félicitations pour cet article, <br /> Le C.G.M.<br /> <br /> <br /> <br /> Des moyens limités<br /> 1)a)i)<br /> _La dette publique n’a pas que des défauts. On passera sur les vertus keynésiennes de celles-ci, ou encore sur le fait que le Japon (plus de 110%) ou d’autres arrivent à se maintenir, et, pour certains, à se développer avec une forte dette (si on met en parenthèse les évènements actuels). <br /> On se concentrera sur le versant géopolitique de la dette américaine. Au vu du niveau des IDE américains en Chine, qui, on le comprend aisément, est un atout considérable pour celle-ci en cas de tension, les USA ont un besoin vital d’avoir un moyen de pression sur la Chine. L’appât des bons du trésor américain est un des meilleurs atouts et certainement la meilleure garantie de rester maître du jeu pour les USA. En effet, ils garantissent l’imbrication des deux économies, et la soumission économique de la Chine, à l’image de la vassalité économique du Japon. Quant aux fonds souverains du Moyen-Orient, c’est peanuts.<br /> Le risque vient plutôt lorsque ces fonds souverains investissent dans des fleurons nationaux, et encore... Mais ne nous inquiétons pas, il se trouvera toujours un farfadet de la CGT pour crier au patriotisme économique.<br /> 1)b)i)<br /> _l’euro ne deviendra pas la monnaie de référence, précisément parce qu’elle n’est pas « éminemment » politique. N’oublions pas le caractère « éminemment » politique de l’institution du dollar en SMI en 1944. Même si le change-or des dollars de bretton-woods est tombé en 1971, le dollar est resté. Le dollar n’est pas la monnaie de référence parce que c’est la monnaie la plus forte. C’est parce que c’est précisément la monnaie des Etats-Unis que le dollar est la monnaie de référence, et qu’elle en devient plus forte (et fiable). Même en pleine crise et récession américaine, les fameux fonds souverains s’en constituent des réserves, ce qui va (presque) à l’encontre de toute logique économique, celle-ci pousserait d’ailleurs vers l’euro, cette monnaie « éminemment » neutre.<br /> 2)b)i)<br /> _Vous faites allusion à la doctrine Monroe, bien entendu, mais est-elle toujours d’actualité ? Les USA, mis à part le canal de Panama, ont-ils toujours besoin de cette doctrine, qui précise la non-ingérence d’une autre puissance (européenne au départ) sur son continent. Car malgré les gesticulations d’un colonel qui a trop bu d’arabica spécial filtre et d’un joueur de flûte de Pan en poncho perdu dans ses Andes, les USA n’ont jamais été inquiété pour leurs approvisionnements. ? Car c’est bien beau de vouloir être indépendants grâce à ses matières premières, mais il faut pouvoir les vendre avant de prétendre à l’être, indépendant. Le vrai risque pour les USA, c’est la signature d’un contrat entre la Chine, la pote présidente de Ségolène, et la populiste botoxisée, concernant la construction du premier chemin de fer transandin, qui relierait Buenos Aires à Santiago, et qui ferait tourner ces pays vers le Pacifique. <br /> _le bouclier antimissile vise à protéger uniquement le territoire des Etats-Unis, du Japon et de certains pays de l’Otan pour lesquels c’est possible techniquement parlant, genre Canada ou Islande. D’où la réticence de l’Europe à accueillir sur son sol un système qui ne la protègera pas...<br /> ________blague : « les pays du Golf » sont l’Ecosse, l’Irlande, l’Angleterre, le Pays de Galles<br /> « les pays du Golfe » sont l’Arabie saoudite, le Koweit, le Qatar,…<br /> 2)b)iii)<br /> C’est une vision très française, ou au moins européenne…il n’y a qu’à regarder le nombre et les multiples provenances des immigrés américains récents ou passés pour voir l’attractivité qu’ils exercent (encore).<br /> Un monde instable<br /> 1)b)i)<br /> Cette idée que les pays de l’axe du mal constituent une alliance de facto, parce qu’ils sont considérés comme tels est très pertinente…Pour preuve, la présence suspectée par l’AIEA d’un ingénieur nucléaire nord-coréen sur des sites syriens sensibles il y a quelques semaines, du jamais vu !<br /> 2)b)ii)1)<br /> Attention à la méprise, mon jeune ami !<br /> Ahmadinejad a appelé à rayer Israel de la carte, mais cet homme n’est que le troisième personnage de l’Etat, le plus haut stade électoral, mais qui ne cumule que très peu de réelles fonctions exécutives…Le guide suprême de la Révolution, Khamenei, est le véritable souverain. Ahmadinejad, c’est un peu le Félix Faure ou le Gaston Doumergue iranien…<br /> De plus, l’Iran n’a aucun intérêt à s’attaquer à Israël autre que de prestige ou juste pour se marrer, nombre d’entreprises iraniennes ou de concessions pétrolifères (« blocs ») ont des parts israéliennes. Mais surtout, qui (avec la Russie), les arme ? Merci Gaydamak…Quoi, encore lui ?
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N
<br /> Cher C.G.M,<br /> <br /> vous me voyez enchanté que les autoroutes de l'information nous permettent d'échanger ainsi nos points de vue. Je me permet donc de répondre autant que faire ce peut à vos remarques dont la<br /> pertinence est des plus enrichissantes!<br /> <br /> 1)a)i)<br /> S'il est clair, je vous l'accorde, que Washington et Pékin sont économiquement liés, que les investisseurs us tiennent les travailleurs chinois et les banquiers chinois les contribuables us et que<br /> ces imbrications de capitaux sont gageuses d'équilibre et de stabilité il n'en demeure pas moins que cela n'est pas pour renforcer à long terme la position américaine. Car cette "soumission"<br /> actuelle de la Chine d'un point de vue économique n'est que temporaire et si l'équilibre qui s'en dégage permet a chacun d'éviter des tensions, il semble bien risqué d'offrir à ce géant à la marche<br /> apaisée un flan qui risque de se réveler une faiblesse. <br /> Concernant les fonds souverains en question qui vous l'aurez vu sont évoqués en dernier, il me semble qu'en se portant créanciers du Trésors US ces fonds entrainent comme avec la Chine, à moindre<br /> échelle, des liens qui sans amener à un statu-quo, lient Washington à des Etats qui, déjà dopés aux hormones pétrolières, se trouvent renforcés alors que leur posture n'en reste pas moins<br /> ambigüe. <br /> Si la dette n'est pas en soit un handicap comme vous l'avez justement précisé, il semble toutefois qu'elle peut devenir à ce niveau une certaine faiblesse.<br /> <br /> 1)b)i) Pour l'instant le choix d'acheter ou non des billets verts n'est à mes yeux qu'un non choix vu que c'est le seul moyen de permettre aux Etats-Unis de mettre à bien leur plan de sauvetage<br /> pour réparer leur locomotive, refuser sa remise en marche reviendrait alors à ne pas se remettre sur les rails.<br /> <br /> 2b)i)<br /> L'alliance des deux personnages que vous décrivez si bien n'est pas à prendre comme une menace imminente mais comme la traduction d'un mouvement de fond qui est jusqu'ici sans précédent à savoir<br /> l'émergence sur le continent américain d'acteurs dont le pouvoir de nuisance (si l'on entend nuisance comme toute opposition au bon vouloir de Washington) est d'autant plus grand qu'il est légitime<br /> et auréolé de proto-démocratie ce qui diffère de Cuba qui à l'époque était avant tout un symbole pour les deux camps.<br /> A propos de la ligne de chemin de fer, je n'en connaissais pas l'existence et vous remercie de ce fait pour ces informations essentielles.<br /> <br /> 2)b)ii)1)<br /> Je ne sais pas si notre ami à la barbe radioactive appréciera votre comparaison et souhaite à ce qu'il n'appel pas à vous rayer de la carte...<br /> Pour ce qui est de l'organigramme du pouvoirs vous avez raison d'autant plus qu'Ahmadinejad semble actuellement en difficultés politiques, il n'empêche qu'il demeure le symbole d'un Iran agressif (<br /> bien qu'il ne soit pas forcement représentatif de la pensée ambiante). Tout ça est avant tout une parade diplomatique pour asseoir sa puissance régionale, il s'agit pour Téhéran de provoquer la<br /> peur pour ne pas avoir à sortir ses griffes qui sont en réalité bien émoussées.<br /> <br /> Enfin pour ce qui est du Golfe, la guerre continue, si Gaydamak est toujours un grand du club, Tiger "Bretton" Woods n'a pas encore quitté le green alors laissez mon arrosoir tranquile, le brave a<br /> encore bien des débats à irriguer.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />