L'héritage de W.
Dans moins d'un mois maintenant sera élu le président de la première puissance mondiale. Bien que les candidats pour l'investiture de la maison blanche aient des programmes et des visions différentes, les problèmes auxquels ils seront confrontés sont bien évidemment les mêmes, notamment en ce qui concerne la situation internationale. Le cow-boy se demande alors, comment ramener le troupeau avec un cheval fatigué et un fouet qui ne claque plus guère ? En effet, le futur président aura à composer avec un recul de la prépondérance américaine sur la scène internationale, tout en s'efforçant de mettre fin au marasme économique qui mine le pays. Tâche pour le moins difficile lorsqu'on s'aperçoit de la réalité des enjeux, notamment après les deux mandats de Georges W. Bush dont l'héritage n'est pas loin d'être empoisonné.
Ainsi nous verrons que c'est avec des moyens limités que le futur occupant du bureau ovale devra faire face à un monde de plus en plus instable.
Des Moyens limités
Alors que la toute puissance économique du pays de l'oncle Sam tend à s'effriter, sa puissance et sa crédibilité internationale se sont érodées ces dernières années.
1) Une situation économique difficile
a) Faiblesses internes
i) Le déficit public
Les Américains vivent au dessus de leurs moyens, c'est un fait. Une des conséquences majeures en est le déficit public abyssal qui culmine actuellement à plus de 70% du PIB. Cette dette fait le bonheur de tous les bailleurs de fond de la planète, au premier rang desquels se trouvent les chinois, dont la banque centrale détient 1800 milliards de dollars de réserves de change, mais aussi le Japon, l'autre acheteur traditionnel de la dette publique américaine et enfin, les fonds souverains du Moyen Orient qui par là même, détiennent une partie de l'économie américaine entre leurs mains.
ii) La crise financière et le prix du plan de sauvetage
La tempête financière des ces dernières semaines n'est pas pour améliorer la situation, avec un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars et malgré l'augmentation à venir des impôts, l'emprunt sera a nouveau sollicité.
Alors que les mots de récession et de rigueur sont de plus en plus évoqués, le citoyen américain en perte de confiance sera la première victime de la crise.
iii) Consommation et endettement des ménages
Car si la consommation a été pendant longtemps le moteur de la croissance outre-Atlantique, celle ci est en passe de ralentir fortement compte tenu du prix actuel du crédit, de la hausse du prix des matières premières et des énergies, ainsi que du poids que représente l'endettement contracté en période d'optimisme inconsidéré.
b) Concurrence internationale
i) La fin de la toute puissance du dollar
Bien que la monnaie américaine reste de manière générale l'étalon international, sa toute puissance est menacée. En effet, au fur et à mesure que l'euro devient une monnaie de référence et que les pays émergents renforcent leurs économies, la place du billet vert dans le système global recule. Certains prévoient même que d'ici 20 ans, l'euro, monnaie éminemment moins politique, aura supplanté le dollar comme valeur de référence.
ii) Montée en puissance de nouveaux acteurs
L'économie mondiale est en passe de redistribuer les cartes de son contrôle. Le poids de l'Asie, en valeur et en qualité de production, est en phase d'expansion d'autant plus que l'ASEAN souhaite renforcer son intégration d'ici 2015.
Il faut aussi mentionner l'émergence du Brésil, de la Russie, ainsi que de nombreux acteurs régionaux à l'influence croissante et à la puissance commerciale grandissante, alors que le déficit commercial américain se creuse dangereusement.
iii) Dépendances énergétiques et flambée des prix matières premières
Ces nouveaux acteurs voient notamment leur croissance issue des ressources en matières premières, énergétiques ou agricoles dont ils disposent. La possession de ces dernières est, on l'a vue récemment avec la Russie, un vecteur de puissance et un moyen de pression remarquable. Alors que les prix de ces produits augmentent en flèche, les États-Unis se trouvent dans l'obligation de négocier des partenariats vitaux tout en évitant par tous les moyens d'en subir les dépendances.
2) Une puissance érodée
a) Le poids du discrédit
i) L'échec irakien
Si des améliorations notoires ont été constatées sous le commandement du général Petraeus, notamment en matière de contre insurrection et de guerre asymétrique au milieu des populations, le bilan de la guerre en Irak reste globalement négatif. Plus de 4000 boys y ont laissé leurs vies alors que la démocratie et la sécurité peinent toujours à s'installer dans un pays en proie au terrorisme et aux divisions communautaires et religieuses. Si l'armée américaine surclasse toujours n'importe quelle autre armée, elle apparaît désormais comme insuffisante et mal préparée pour assurer la reconstruction d'un pays, et par là même incapable de viabiliser une invasion.
ii) Les difficultés afghanes
Bien que le conflit en Afghanistan soit apparu comme plus justifié aux yeux de la communauté internationale, « la bataille des cœurs » qui doit permettre de rallier la population afghane est encore loin d'être gagnée. Après une période où la victoire semblait acquise, les talibans ont repris l'offensive face à une coalition de plus en plus divisée et affaiblie par des opinions publiques réticentes à l'idée de la possibilité de pertes humaines dans un conflit parfois jugé insoluble. Le gouvernement d'Hamid Karzaï qui prône l'afghanisation du conflit, ne peut à lui seul empêcher la division du pays sous les influences tribales, ni assurer la sécurité mise à mal par des talibans sur le retour.
iii) Un président mal aimé ?
La perte de crédit qu'entraînent les difficultés sur les principaux théâtres d'opérations extérieures, ne fait qu'être renforcée par la (très) mauvaise opinion que le monde s'est fait de Georges W Bush. Considéré par les uns comme un va-t-en guerre irréfléchi, dénoncé par les autres comme un idiot sous influence, au plus bas dans les sondages, il ne semble pas être le meilleur allié des États-Unis. En effet, celui qui a refusé de ratifier le protocole de Kyoto a contribué par son discours simpliste et mystique, par son refus du dialogue et par son penchant pour l'unilatéralisme, à renforcer l'image des États-unis comme « Grand Satan » impérialiste, ennemi numéro un des fondamentalistes musulmans en plein essor et de certains gouvernements d'Amérique du Sud.
b) Une perte d'influence
i) Un relatif isolement
Alors que le continent américain a été longtemps considéré comme le domaine privilégié des USA qui y faisaient la pluie et le beau temps, la situation est en train de changer radicalement. La naissance, sous l'impulsion du charismatique président vénézuélien, d'un front anti américain au sud du continent, témoigne de la montée en puissance d'opposants dont les ressources en matières premières assurent l'indépendance. Si on ajoute à cela une Europe souvent désunie qui ne peut s'aligner en bloc et rechigne entre autre, à accepter l'idée d'un bouclier anti-missile, un Pakistan en proie à un dangereux risque de balkanisation, et des pays du Golf au double jeu sous jacent, Washington n'a plus la position diplomatique qui assurait il y a dix ans encore sa sécurité.
ii) Un soft power affaibli
D'un point de vue plus affectif, l'image des États-unis c'est aussi quelque peu dégradée durant la dernière décennie. De nouveaux Eldorados sont apparus, et la démocratie ne semble plus être le seul terreau propice à faire germer la croissance. Comme le dit le ministre mentor de Singapour, l'exemple chinois nous démontre que la prospérité vient avant tout de l'ordre et de la sécurité. Ce d'autant plus que la démocratie américaine comme produit idéologique déstiné à l'export à quelque peu souffert de la perte de crédit entrainée ses dérives tortionnairs notamment à Guantanamo. Toutefois, malgré l'indéniable attractivité économique des puissances émergentes, nous sommes encore loin de voir apparaître le « Rêve Chinois » ou le « Rêve Russe ». Ronald Mac Donald et Elvis ont encore de beaux jours devant eux...
iii) Un modèle dépassé ?
Cette baisse générale de sympathie provient aussi de l'image de la société américaine elle même. La terre de la liberté et de la démocratie, celle des pionniers et des self made man, est aujourd'hui celle d'un peuple endetté, vue comme inculte et téléphage, celle d'un peuple gavé de consommation dont 60% de la population est en surpoids ; une Amérique polluante et abrutissante, dont les mœurs décadentes choquent les plus barbus et les autres. Elle est la représentation dans l'imaginaire collectif d'un Occident irresponsable et condescendant, qui alimente par là même la naissance et la radicalisation de contre modèles.
Un monde Instable
1) Une multiplication des zones de conflits
a) La poudrière Moyen-Orientale
i) Le conflit Israélo-palestinien
S'il n'est pas nouveau, ce conflit n'en est pas moins toujours problématique. C'est le Nœud Gordien qui alimente les tensions périphériques et fragilise de ce fait la stabilité de la région, tout en cristallisant l'esprit de lutte qui anime les groupes djhiadistes à travers le monde. Alors qu'un désengagement a marqué l'après Clinton, le prochain président des États-unis devra s'investir dans le règlement d'un conflit dont la portée est plus que conséquente.
ii) La montée de l'islamisme radical
La croissance endémique du fondamentalisme islamiste ne semble pas près de s'arrêter, que se soit en Afghanistan, en Irak, en Iran, en Somalie, en Égypte ou en Malaisie, l'Islam radical séduit ou s'impose partout. Il présente un modèle de société basée sur la Charia, dont l'opposition à l'impérialisme global de Washington renforce la raison d'être. Le principal risque de ce phénomène tient en ce qu'il alimente et entretient les organisations terroristes contre lesquelles l'Amérique et ses alliés ont déclaré une guerre sans merci.
iii) Le terrorisme
Se voulant fort d'une image de résistant, les mouvements terroristes usent de la globalisation qu'ils condamnent pour mettre en place leur entreprise de déstabilisation. Aidés par les réseaux de l'information, les groupes terroristes, plus ou moins affiliés à Al-Qaeda, mettent au point des actions contre les intérêts occidentaux mais aussi contre les populations, premières victimes de ces « fous de Dieu ». Malgré le développement de doctrines stratégiques adaptées, la guérilla et la terreur restent la menace principale qui pèse sur la stabilisation du Moyen-Orient.
b) Autour du monde
i) L'Axe du mal et l'avant poste de la tyrannie.
L'Axe du mal, expression au combien manichéenne remise au goût du jour par les néo conservateurs, donne à des régimes géographiquement éloignés (l'Iran, l'Irak de Saddam et la Corée du Nord), la chance de se voir imposer une alliance qu'ils n'avaient pas initialement souhaitée...
L'avant poste de la tyrannie, évoquée dans un discours du 18 janvier 2005 par Condolezza Rice, ajoute à la liste sus énoncée, les états dont le régime est en contradiction totale avec les Droits de l'Homme, que sont le Myanmar, le Belarus, Cuba et le Zimbabwe. Si ces états ne représentent pas une menace directe pour Washington, ils stigmatisent les régimes à abattre et personnifient en quelque sorte la vision que l'Amérique se fait du mal, sur la scène internationale.
ii) La prolifération Nucléaire
La menace que font planer ces états voyous est d'autant plus grande lorsqu'ils comptent se doter de l'arme nucléaire ou qu'ils la possèdent déjà. L'Iran représente ici le risque principal, comparé à une Corée du Nord isolée dont la survie du régime est plus ou moins la seule ambition politique.
Alors que l'Irak est en cendre, l'Iran est devenue la puissance régionale dominante et agite un discours hostile à Israël et à l'Occident, ne cachant pas ses intentions bellicistes. Bluff ou menace réelle et urgente ? Le prochain président devra choisir entre le dialogue et la force, pour calmer cet état qui semble vouloir jouer dans la cour des grands.
iii) Les irrédentismes et indépendantismes
Le conflit Géorgien en témoigne, les confits liés aux frontières et aux identités sont encore nombreux sur la planète. Bien que les États-unis ne soient pas directement concernés, les enjeux que représentent ces zones de tensions sont à prendre en compte, car elles impliquent bien souvent les autres grandes puissances et leurs zones d'influence. La diplomatie américaine devra en la matière, faire preuve d'efficacité pour calmer les plus grands, tout en maintenant l'esprit et les valeurs de libertés prônés par les organisations dont elle fait partie.
iv) L'ONU et les défis humanitaires et écologiques
Dans le climat d'optimisme général d'une histoire qui avait pris fin dans les années 90, on a cru que l'ONU allait, pour le bien de tous, pouvoir prendre enfin en main la marche du monde et ce, sous la contrôle d'une Amérique victorieuse et toute puissante. Alors que la détresse humanitaire se fait croissante, notamment au Darfour, la « communauté internationale » se révèle bien impuissante à appliquer des solutions efficaces. En intervenant en Irak contre l'avis du conseil de sécurité de l'ONU, Washington a elle même contribué à sa perte de crédit et d'influence, tout en foulant du pied les principes du multilatéralisme. Alors que l'urgence climatique se fait sentir et que la résurgence de grandes famines menace, le futur président des États-unis aura pour mission d'engager une collaboration mondiale, pour mettre en place autant que faire se peut, un « plan de sauvetage de la planète » afin d'empêcher la multiplication des conflits et des risques majeurs liés aux catastrophes écologiques.
2) La fin d'un monde Unipolaire
a) Le Réveil des puissances endormies
i) La Chine millénaire
(1) Bientôt la première économie du monde
Actuellement la troisième puissance économique du monde, l'Empire du Milieu, est en passe de dépasser le Japon pour surclasser d'ici 2020 les États-unis. Fort d'un état centralisé et stable du plus grand marché de la planète, d'une main d'œuvre et d'une demande quasi inépuisable, la Chine peut s'enorgueillir d'un optimisme justifié. Hormis l'hypothèse d'un ralentissement de l'économie ou d'une surchauffe de celle ci, son accession à la suprématie économique semble inévitable, d'autant plus qu'elle est la principale créancière de l'économie américaine.
(2) Une Influence grandissante
S'ajoute à cette puissance économique la mise en place d'une politique étrangère à la hauteur du potentiel chinois. Se posant comme la principale puissance régionale, la Chine s'impose à ces voisins comme un géant, dont la diaspora contribue à assurer une allégeance entretenue par des liens économiques toujours plus poussés. Si on a pu parler à une époque de diplomatie du dollar, on peut ici évoquer une diplomatie du yuan. Notons aussi son implication grandissante sur le continent africain où, sans ce soucier de politique ni de morale, Pékin multiplie les investissements et les aides sans se préoccuper du régime en place, ce qui traduit par là même une politique internationale froide et réaliste.
(3) Une armée en mutation
Cette montée en puissance s'accompagne d'une réorganisation de l'armée populaire, forte de 2,3 millions d'hommes. Bien que celle-ci soit la première du monde par le nombre, son équipement et les technologies dont elle dispose sont encore bien inférieurs en qualité aux équipements occidentaux. Toutefois, avec un budget officiel de 45 milliards de dollars par an, (les experts parlent d'un budget officieux de 100 milliards) et en hausse de 17,8%, l'armée chinoise et l'industrie d'armement qui la supporte, ont pour projet d'acquérir une indépendance stratégique et technologique totale d'ici 2020, alors qu'Israël est actuellement sont premier fournisseur.
ii) La Russie éternelle
(1) Face à l'OTAN
Les évènements de cet été l'ont prouvé, la Russie est de retour sur la scène internationale. Forte d'une armée puissante dont le budget est en forte croissance, et riche d'un gaz dont une grande partie de l'Europe est dépendante, Moscou a plus d'un atout pour faire valoir son retour à la table des grands. Face à l'OTAN, elle privilégie une politique individuelle et musclée, tentant de faire barrage au bouclier anti-missile et d'éviter tout encerclement. Elle vient d'ailleurs de se lier avec le Venezuela de Chavez pour mettre en place des exercices militaires conjoints. Ses prises de positions répétées au Conseil de Sécurité à l'égard de l'Iran ou de la Birmanie, rappellent que malgré un rapprochement, les postures et intérêts de la Russie sont encore sur de nombreux points en contradictions avec ceux de l'Oncle Sam.
(2) Les joies du réchauffement climatique
Alors que les glaces de l'Arctique fondent comme neige au soleil, l'exploitation des ressources du grand Nord et les nouvelles routes maritimes dont on augure l'ouverture, ne sont pas sans exciter l'appétit des puissances concernées. En effet, la route permettant de relier l'Europe à l'Asie sera raccourcie de quelques 7000 km. Autant dire que le trafic maritime va plus qu'augmenter au large de la Russie, qui assurera par là même son contrôle. Concernant les gisements d'énergie fossile, il semblerait, selon les estimations actuelles, que sous les glaces se trouvent 90 milliards de barils, de quoi satisfaire la demande actuelle d'hydrocarbure pendant 3 ans. On comprend pourquoi Moscou prépare ses troupes à des opérations sur fond blanc...
(3) Luttes énergétiques
Les espoirs qu'animent actuellement l'évolution de la zone Arctique, traduisent bien les enjeux, qui à moyens termes, animeront les puissances du globe, à savoir la course aux énergies. A ce jeu, la Russie dispose d'atouts considérables qui influeront sur sa politique étrangère. Le gaz russe devient alors une arme mais aussi un talon d'Achille. Moscou se devra alors de sécuriser ses vecteurs de distribution en maintenant une certaine influence sur le pays, dont le territoire accueille ces derniers.
b) L'arrivée de nouvelles puissances
i) Les futures puissances majeures
(1) L'Inde
Seconde puissance démographique mondiale, l'Inde voit son économie portée par une croissance forte. Réputée pour son savoir faire et ses qualités techniques, la main d'œuvre indienne équipe la planète. Bien que ne disposant pas de forces de projection - son armée est nombreuse et puissante, en témoignent les performances du SU 30 MKI de fabrication maison -, notons que l'Inde dispose aussi de l'arme nucléaire.
Quoi qu'il en soit, sa politique extérieure reste en grande partie orientée vers des tensions frontalières, notamment avec le non moins atomique Pakistan voisin.
(2) Le Brésil
Le pays de l'ordre et du progrès est lui aussi riche en matières premières, il est doté d'une puissante agriculture commerciale et d'une industrie diversifiée qui sont les bases d'une économie à forte croissance. Depuis avril 2008 et la découverte d'immenses gisements dans le bassins se Santos, le Brésil est devenu à son tour une puissance pétrolière. Fort d'une population de 190 millions d'habitants, la première d'Amérique Latine, le Brésil a récemment passé un contrat d'armement colossal avec la France, visant à acheter des équipements militaires derniers cris et d'en assurer le transfert de technologie, notamment concernant cinq sous marins d'attaques, dont un à propulsion nucléaire. Il s'agit alors pour Washington de savoir comment appréhender et aborder l'émergence d'une puissance de premier ordre dans son pré carré.
ii) Les puissances régionales
(1) L'Iran
Grand producteur de Pétrole (4e mondial), l'Iran apparaît aujourd'hui comme l'ennemi à abattre aux yeux des Etats-Unis, avec lesquels il n'entretient plus de relations diplomatiques. Visant à circonscrire l'influence occidentale et notamment de Washington dans la région, l'Iran s'oppose aussi, et de manière très virulente, à Israël qu'elle a appelé à « rayer de la carte ». Diplomatiquement et économiquement proche de Moscou, la République Islamique cultive par ailleurs ses liens avec les autres pays en développements.
Alors que Téhéran ne compte pas mettre fin à son programme nucléaire, les avis divergent quant à la position à adopter. Si l'hypothèse d'une invasion semble d'hors et déjà écartée, compte tenue de l'effort fourni par les américains sur deux fronts brûlants, l'option de bombardements chirurgicaux visant à anéantir le potentiel nucléaire est toujours évoqué. Les candidats à la présidence arborent des postures différentes face à ce problème, alors que Mc Cain paraît plus prompt à agiter le spectre d'une intervention militaire, Obama se refuse à tout alarmisme en rappelant que l'URSS représentait en son temps une menace bien plus grande que celle que représente actuellement Téhéran. Il reste à savoir si les États-unis tenteront de renouer un dialogue ou s'ils continueront « la diplomatie de cow-boy » avec les conséquences que nous lui connaissons.