"Le conflit Israélo-palestinien peut il être résolu?"
À l'heure actuelle, après 60 ans de conflit, l'État d'Israël est un des vingt pays les plus riches du monde. Il poursuit aujourd'hui deux objectifs principaux. Premièrement, il entend être reconnu en tant qu'entité étatique souveraine par tous les autres pays du Proche et Moyen-Orient. Deuxièmement, il s'emploie à maintenir sa supériorité militaire sur les États arabes. Cette supériorité militaire est qualitative et non quantitative : aviation de très haut niveau, force nucléaire, troupes motivées, moyens technologiques supérieurs. Tout cela avec l'aide pour l'instant jamais démentie des États-Unis. Mais il n'en reste pas moins que Tsahal a du mal à convaincre face à des groupements armés opérant selon des techniques guérillas. L'exemple le plus récent est l'échec de l'invasion du sud-Liban (1). De plus, Israël redoute que l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche ne vienne infléchir en sa défaveur la politique américaine.
En ce qui concerne les gouvernements arabes modérés du Moyen-Orient, ils considèrent eux aussi le terrorisme islamique et le potentiel nucléaire iranien comme deux graves dangers (2). Seulement ils pensent, contrairement à Israël, que ces menaces sont inextricablement et directement liées à la question palestinienne. Le courant arabe fondamentaliste, celui du Hamas (3) par exemple, refuse quant à lui de reconnaître l'État d'Israël et n'envisage de trêve que si celle-ci n'est que temporaire.
- La lutte pour la souveraineté sur Jérusalem, qui est un problème encore plus insoluble que les autres puisqu'il concerne à la fois l'ensemble du monde juif et l'ensemble du monde islamique. Il faudrait dans l'idéal qu'Israël et l'État palestinien arrivent à conclure un accord de partage de souveraineté sur ce petit rectangle de territoire. Greilsammer pense d'ailleurs que Jérusalem est le seul endroit du monde, avec l'Antarctique, qui mériterait de ne dépendre d'aucune souveraineté nationale.
Par Matthieu Roger
(3) Le quartier général du Hamas se trouve à Damas, sous la protection du gouvernement syrien.